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LES CONVENTIONS DE L'ICÔNE RELIGIEUSE ET LEUR SENS


Il est essentiel de comprendre que, dans la composition de l'icône religieuse, la lumière ne vient pas de l'extérieur, d'une lumière soleil ou artificielle. L'icône religieuse parle de ce qui fait le cœur de l'expérience humaine, de cette lumière qui ne peut venir que de l'intérieur. L'irradiation de l'intérieur est illustrée par l'absence d'ombrages dans la composition.

En outre, la perspective est inversée, dans l'icône chrétienne. Dans les tableaux conventionnels, la perspective est orientée vers un point de fuite situé à l'intérieur de la composition picturale. Dans l'icône religieuse, la perspective inversée fait que c'est le spectateur qui sert de point de fuite: c'est lui qui reçoit le message sur l’importance du sacré et de son mystère.
Vierge de tendresse
On remarquera que la dimension des personnages iconographiques est souvent exagérée ou déformée. L'intention de l'iconographe est d'illustrer l'aspiration des saints vers l'élévation, vers la source. Gilberte Massicotte-Éthier est fascinée par la force que confère à l'icône une composition soignée. Ses compositions font une place centrale aux visages. Les corps, eux, ne seront parfois qu'esquissés, avec des traits presque naïfs même, pour renvoyer à la vérité exprimée dans les visages.

L'icône religieuse se veut un intermédiaire entre le monde visible et invisible. Elle illustre un cheminement, un voyage du terrestre vers le céleste, du non sens vers le sens. Elle invite à une méditation que symboles et conventions iconographiques viennent alimenter.

Historique et courants
Les premières icônes religieuses datent des environs du VIe siècle. La rupture entre les Églises orientale et latine n’étant pas consommée à cette époque, l’iconographie circulait librement entre les deux cultures.

L’icône religieuse a d’abord principalement fleuri autour de Byzance, foyer culturel de la Grèce et de l’Église orientale. Elle a laissé à la même époque des  oeuvres à Rome, mais l’Église latine s’en coupera progressivement durant le second millénaire.

L’icône a gagné la Russie, quatre siècles plus tard, quand cette région s’est convertie au christianisme au tournant du premier millénaire.

Elle s’est enfin diffusée en Occident avec l’immigration russe qui a suivi la Révolution de 1917.


L'oeuvre de Gilberte Massicotte-Éthier
La facture des oeuvres de Gilberte Massicotte-Éthier est davantage byzantine par la douceur de la lumière et des couleurs, ainsi que par la rondeur des lignes. 

Les thèmes de ses oeuvres sont par ailleurs aussi inspirés des représentations russes, comme celles de Roublev. Ce sont les murs couverts d’icônes, les iconostases, du Saint Monastère de Stavronikita, au mont Athos, qui ont servi à Gilberte Massicotte-Éthier pour faire naître ses icônes de la plupart des grands mystères – même si le piètre état des oeuvres a souvent contraint l’artiste à les recomposer.

Médaillon russe

Holy Mandilion,
extrait de : «The Creatan Painter Theopanis -

The Wall Paintings
of the Holy Monastery of Stavronikita» Mount Athos, 1986.

Archeopietre

Archeiropoietre
icône de Gilberte Massicotte-Éthier,
(16,5" en diamètre)

Les oeuvres de Gilberte Massicotte-Éthier privilégient la simplicité de l’écriture. Elles sont dépourvues des parures d’argent et de pierres précieuses qui se sont greffées à l’icône au XVIe et XVIIe siècle. L’emphase est plutôt placée sur la vérité des visages, des compositions et du message. La richesse de l’oeuvre vient du pouvoir évocateur du dessin, que l’artiste s’efforce de vivre pour le laisser naître des couleurs.

Dans la tradition chrétienne, l’icône religieuse est considérée comme un objet sacré. Elle se veut porteuse du mystère qu'elle évoque, présence des personnes qu'elle illustre. La toucher, durant la liturgie, équivaut à toucher le manteau de Jésus, à toucher le pan du manteau des prophètes qui l’ont précédé.

Vu le mystère dont l’icône est investie, il est de tradition de la manipuler avec infiniment de respect – certaines personnes n’hésitant pas à se couvrir les mains d’un voile ou de gants pour la toucher. 

Gilberte Massicotte-Éthier s'inscrit dans cette lignée d'artistes et de croyants qui s'inclinent devant le mystère de l'icône religieuse, porteuse de sacré et de Présence.